Actualité à la Hune

Transat 6,50

Apolloni, né sous une bonne étoile !

Né sous une bonne étoile. C'est assurément le cas de Ricardo Apolloni, concurrent de la Transat 6,50 dont le premier contact avec le Brésil s'est soldé par un échouement dans les rouleaux au Nord de Bahia. Remis à flot par les pêcheurs, réparé avec l'aide de ses concurrents, son Pogo 2 Ma Vie pour MAPEI, a finalement réussi à franchir la ligne d'arrivée à Salvador de Bahia. Avec une bonne nouvelle à la clé !

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  • Publié le : 15/11/2009 - 08:49

Ma Vie pour MAPEI, Pogo 2 valeureux Costaud, le Pogo 2 Ma Vie pour MAPEI ! Malgré son échouement sur une plage, le plan Finot de Ricardo s'en est sorti avec juste un safran cassé. Photo © Pierrick Garenne (GPO) A quoi rêve donc Ricardo Apolloni à bord de son Pogo 2, cette nuit du 23 octobre ? A la ligne d'arrivée de la Transat 6,50, bien sûr, encore distante d'une soixantaine de milles, promesse d'une seconde place en série. A ce message aussi, reçu trois jours auparavant. <J'avais un accord avec Denis Hugues, le directeur de course, pour qu'il m'annonce la naissance de mon enfant pendant la vacation si ça devait arriver pendant la course>. Ricardo bouge son petit récepteur BLU dans tous les sens, tripote le bouton d'accord fin - rien n'y fait. <Avec la déformation du son, j'ai compris que ma femme avait bien accouché, mais je n'ai pas réussi à entendre si c'était un garçon ou une fille !>

Ricardo Apolloni, jeune papa chanceux A l'approche de l'arrivée de la Transat 6,50 au Brésil, Ricardo Apolloni s'endort. S'échoue sur une plage au Nord de Bahia. S'en sort grâce à l'aide de pêcheurs. Termine 21e au général. Et apprend qu'il vient d'avoir un petit garçon ! Photo © Pierrick Garenne (GPO) Une seconde très bonne raison pour accélérer encore la cadence vers Bahia ! <J'étais deuxième au classement. Deuxième devant Francisco Lobato(*), c'était une belle histoire. Je ne venais pas sur la Mini pour gagner, mais je voulais faire un truc. Pour conserver cette place à la fin, je me suis mis dans le rouge, je crois que mon cerveau ne connectait plus très bien...>

Ricardo tombe de sommeil, rêve, se réveille - un coup d'oeil dehors, RAS... Ricardo se rendort, rêve - la ligne, l'enfant, fille ou garçon ?, la place de second... et <boum !>

<J'ai mis deux ou trois minutes pour comprendre. J'étais sur la plage, dans les rouleaux, le bateau tossait. Je me suis dit que c'était fini>. Trois ou quatre heures de sommeil et une route un peu plus Nord que prévu ont suffi pour que Ma Vie pour MAPEI, lancé sous pilote bâbord amures, finisse de surfer l'océan pour attaquer la plage. Une chance, car, quelques milles plus Nord, ce sont des cailloux qui attendaient la coque du Pogo 2.

Ricardo descend du bateau. Il fait encore nuit et il part trouver des pêcheurs, leur explique son infortune, croquis à l'appui sur le billard d'un bistrot. Au petit matin, avec la marée montante, tous parviennent à remettre le Pogo 2 à flot pour l'amarrer sur une bouée. Une rapide inspection du bord montre que la coque et la quille n'ont rien de grave, mais un safran est cassé. Ma Vie pour MAPEI n'a donc plus de barre puisque le premier safran a déjà cédé deux jours auparavant en attaquant sous spi.

Car, à 43 ans, Ricardo est bizuth, mais n'a de toute évidence pas mené sa transat en mode <convoyage>. Il attaque, le Napolitain ! La Mini, il n'en fera peut-être qu'une dans sa vie, alors il veut la réussir. <Après dix ans de boulot, j'en avais marre de ma vie standard. J'ai pris une année sabbatique en 2002 - et, depuis, je n'ai jamais repris le boulot ! Mais il va falloir y retourner quand même>.

Ricardo et l'un de ses sauveteurs Oui, il peut sourire, Ricardo ! Et son sauveteur-pêcheur avec lui ! Opération réussie, bateau déséchoué, Transat terminée à bon port - ouf ! Photo © D.R. (GPO) Après avoir construit un premier proto en bois sur les plans d'un ami qui se révèle peu compétitif, il achète un Pogo 2, le n°426. Le bateau connaît bien la route puisqu'il a déjà couru deux éditions et même gagné en 2003 entre les mains d'Erwan Tymen. Il faut croire que le destin l'attendait bien une troisième fois entier à Bahia et pas en petits morceaux sur les plages du Nord.

Quelques heures après la remise à flot de Ma Vie pour MAPEI, Ricardo reçoit un safran de secours, prêté par Francisco Lobato, qui vient de s'adjuger la victoire en série (2e de l'étape derrière Charlie Dalin). Ricardo bricole la nouvelle pelle, se repose et repart avant la fin des 72 heures autorisées par le règlement de la course pour une escale technique.

Le 26 octobre dans la nuit, il entre dans la Baie de tous les Saints, devant Salvador de Bahia. Entre-temps, il a pu téléphoner à sa femme à la clinique de Naples. Le petit Mattia Apolloni peut être fier de son père, qui termine 31e de l'étape et 21e de la Transat 6,50 en bateau de série.

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(*) Le Portugais Francisco Lobato avait écrasé la concurrence sur la première étape en série, en terminant 22 heures devant le second et en rivalisant jusqu'au dernier moment avec les premiers protos.

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