Actualité à la Hune

Grand Pavois de La Rochelle

Le dernier salon où l’on cause

Le Grand Pavois, salon nautique à flot qui s’est ouvert mercredi, présente également des bateaux à terre, dont quelques voiliers dignes d’intérêt. Comme l’adorable Pinassot, un charmant voile-aviron posé à quelques mètres du vénérable Damien. Le bateau avec lequel Jérôme Poncet et Gérard Janichon ont navigué autour du monde au début des années 70 est maintenant propre comme un sou neuf et prêt à repartir.
  • Publié le : 27/09/2018 - 11:28

Le dernier salon où l’on causeDernier salon où l"on cause sur la côte Atlantique, le Grand Pavois a ouvert ses portes mercredi.Photo @ Loïc Madeline

Sur l’eau, l’antique Damien risque de croiser pas mal de nouveautés. La plus excitante de cette édition est sans conteste le TS3. Un bateau imaginé par et pour l’architecte Christophe Barreau et construit par Marsaudon Composites. C’est un cata de 10 mètres, très léger et très toilé, avec en guise d’emménagement une nacelle centrale posée sur les flotteurs dans laquelle on tient seulement assis ou couché. Un voilier fait pour s’amuser entre la plage et les îles qui doit lever facilement la coque mais avec lequel Christophe veut entreprendre le passage du Nord-Ouest et rallier le Japon. Rien que ça ! Ce cata a une gueule terrible et donne vraiment envie de tirer des bords dans l’écume. Les prochains exemplaires seront construits par l’espagnol Mestral Marine Works qui profite du salon pour présenter son MMW 33, un IRC dessiné pour la Transquadra.

On lui prédit un beau succès

Beaucoup moins extrême, le premier Mojito 10.88 peut aussi vous emmener sur de longues croisières. Son rouf panoramique apporte beaucoup de lumière naturelle dans les emménagements et sa carène beaucoup de volume. Il est aussi équipé d’un tunnel à annexe : on lui prédit un beau succès.

Le dernier salon où l’on causeBateau le plus excitant du salon, le TS 3 est équipé d"une nacelle centrale surbaissée reposant sur des silent-bloc.Photo @ Loïc Madeline

Sensiblement plus petit, le Flow 19 est un sympathique croiseur de moins de 6 mètres réalisé en contreplaqué époxy. Sa particularité ? Il est équipé d’un ballast en guise de lest, ce qui permet de n’avoir à terre qu’un bateau de 400 kilos à tracter sur une remorque. Beaucoup moins logeable bien que beaucoup plus long, le Polar Bear est sans doute le plus beau bateau du salon. Un voilier aux lignes classiques pour tirer des bords au pied de la statue de la Liberté. Une pure folie aux airs de petit chef-d’œuvre, signé Paolo Bua et fraîchement sortie du Chantier des Ileaux.

Il y a des choses à voir à La Rochelle, à essayer aussi comme le petit First 14, un dériveur en double aux lignes rassurantes mais aux performances surprenantes. Nous y reviendrons. Car avant de naviguer, on discute beaucoup sur les pontons des Minimes. Des futurs bateaux par exemple, comme le JPK 1030 pour lequel dix propriétaires sont déjà en attente. Un voilier typé pour la régate IRC au large et en équipage réduit qui promet de planer facilement.

Le dernier salon où l’on causeLe Mojito 1088 a tout pour réussir sa croisière: une vue panoramique, beaucoup de volume, un tunnel à annexe et même un tirant d’eau variable.Photo @ Loïc Madeline

Agilité aussi mais davantage de polyvalence annoncée pour le J/99 que l’on espère voir à Paris et qui témoigne de la volonté de J Composites d’affirmer plus encore sa présence dans le monde de la régate. Lui aussi affiche plus d’une dizaine de commandes au compteur : ça promet !

Attendue également, une nouvelle version régate de l‘Ofcet 32, avec un mât plus long et une nouvelle quille (entre autres). Il va y avoir du match dans les grandes classiques de printemps ! Au hasard de nos rencontres, nous découvrons aussi le plan d’emménagement du futur Ovni 400, plus tout à fait un dériveur intégral puisque ce croiseur est équipé d’une quille relevable. On peut déjà prédire aussi que le plan de pont d’un certain Django 8S risque de faire parler de lui au salon de Paris.

Simple spéculation

Les conversations rochelaises portaient aussi sur les dernières nouvelles économiques : en attendant un possible retournement du marché, le paysage des chantiers aura connu une année 2018 particulièrement riche en rachats et restructuration.

Le dernier salon où l’on causeLe Polar Bear, Un amour de day-boat mais méfiez-vous de sa silhouette classique: il est aussi équipé d’un double trapèze, c’est une bombe !Photo @ Loïc Madeline

Outre la reprise de Seascape et de Delphia par le groupe Bénéteau, la déconfiture du chantier Bavaria sauvé in extremis par un fonds de pension basé à Berlin laisse pas mal de questions ouvertes, notamment sur la branche catamaran du groupe dont il se dit qu’elle pourrait reprendre son nom d’origine, Nautitech, et regagner une certaine indépendance par rapport à sa maison mère de Giebelstadt. Simple spéculation à ce jour.

Comme on se plaît à imaginer la puissance nouvelle du rochelais Fountaine Pajot, maintenant propriétaire d’un autre fleuron rochelais de taille : le chantier Dufour. Ça n’a pas l’air de traumatiser le groupe Bénéteau qui continue de jouer sa petite musique sur sa nouvelle gamme de catamaran Xcs, dont le caractère plus léger et plus sportif que celui des Lagoon devrait être vérifié, images à l’appui, au salon de Düsseldorf.

Les grandes manœuvres ne sont pas réservées aux gros constructeurs : les petits chantiers eux aussi évoluent. Certains changent de mains, comme Marine Composite, le constructeur du Bihan 6.50, qui voit Bernard d’Assignies laisser la place à Christophe Chancerelle.

Le dernier salon où l’on causeEnvie d’un joli canot amoureusement construit en bois-époxy ? Laissez-vous séduire par le Pinassot.Photo @ Loïc Madeline

Plus ambitieux et plus surprenant le rapprochement opéré entre IDB Marine et Marée Haute. Les deux chantiers spécialisés dans les croiseurs rapides se partageaient le même site du Minahouet en Finistère Sud. Ils vont maintenant se partager les mêmes dirigeants et travailler à unir leurs efforts. Cela doit se traduire rapidement par deux gammes complètes de Mojito, d’un côté, avec rouf panoramique et tunnel à annexe. Et de Django de l’autre, avec un rouf plus classique et deux quilles pour échouer à plat. On ne connaît pas encore le nom de la nouvelle entité mais on sait qu’elle va aussi gérer le port du Minahouet, un site tout proche de Concarneau qui peut accueillir de grands bateaux pour tout travaux d’entretien, de motorisation ou de grand carénage (pour ne pas dire de refit).

Voici un acteur très fort pour promouvoir ses bateaux en France comme sur les salons étrangers. On en reparlera bientôt, comme du chantier Jeanneau qui vient de lâcher des informations sur son prochain Sun Fast classé en IRC : visant plus particulièrement la Transquadra, il sera situé entre le 3200 et le 3600 mais on ne connaîtra son nom et celui de son architecte qu’au prochain Nautic.