Actualité à la Hune

SOLO CONCARNEAU TROPHÉE GUY COTTEN 2017

Charlie Dalin récidive

Charlie Dalin, tenant du titre, s’est offert la deuxième épreuve du Championnat de France Elite de Course au large en Solitaire de la saison ce samedi. Devançant d’un souffle Erwan Tabarly et Yann Eliès pour le podium de la Solo Concarneau-Trophée Guy Cotten.
  • Publié le : 08/04/2017 - 17:17

Charlie Dalin ConcarneauPour la deuxième année consécutive, Charlie Dalin a remporté la Solo Concarneau-Trophée Guy Cotten 2017 d’un souffle. Photo @ Alexis Courcoux

Après leur galop d’essai sur la Solo Normandie il y a un peu moins de trois semaines, les Figaristes avaient rendez-vous à Concarneau avec leur deuxième épreuve du Championnat de France Elite de Course au large en Solitaire en cette veille des Rameaux. Trente-sept skippers prêts à décrocher les lauriers, ou tout du moins à se jauger en vue de la Solitaire Urgo Le Figaro du mois de juin prochain. Et les conditions ont été idéales sur les 270 milles du parcours tracé par Hervé Gautier, le directeur de course. Un aller-retour depuis Concarneau via l’occidentale de Sein, les Birvideaux et la bouée Sud Guérande. Beau temps belle mer, donc, qui ont permis une lutte au couteau pour les plus affûtés du circuit, et ce jusque dans les dernières encablures à l’approche de la ville close.

Flotte ConcarneauIl y avait 37 inscrits au départ de cette Solo Concarneau-Trophée Guy Cotten pour la première fois inscrite au calendrier du Championnat de France Elite de Course au large en Solitaire. Photo @ Alexis Courcoux

Tout frais émoulu de sa victoire normande, c’est finalement Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), le champion de France en titre, qui a décroché la timbale dans un ultime coup de rein. Mais pour conserver le trophée encore une année sur sa cheminée, ce dernier a dû se battre et aller au plus profond de lui-même. Il en transpirait encore quelques minutes après son passage de ligne : «Cela a été compliqué car je suis très mal parti jeudi. Avec un gros paquet de bateaux qui me sont passés devant. Il a fallu que je sois patient et à un moment même je n’y croyais pas beaucoup. De fil en aiguille, j’ai réussi à trouver des trous de souris pour être dans le groupe à la poursuite des leaders. Par la suite, avec des trajectoires différentes, j’ai accroché la tête de course. En fait, j’ai bien tiré mon épingle du jeu dans la molle que nous avons eu vendredi après-midi au niveau des Birvideaux. Passant troisième derrière Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et Yann Eliès (Groupe Queguiner-Leucémie Espoir) pour finalement doubler au retour Erwan Tabarly (Armor Lux) sous spi.» Satisfait de sa nouvelle belle prestation, le Normand était surtout content de la manière : «Gagner est une chose, mais atteindre mes objectifs de travail précis est plus important. La dernière fois, j’avais eu un problème de vitesse sous spi, et j’ai donc mis tout mon poids pour trouver des solutions. Cette recherche de performance a donc payé. Quant aux écarts à l’arrivée, je ne suis pas très étonné. C’est le lot sur chacune de nos courses du circuit où la concentration est maximale du début à la fin. J’ai dû d’ailleurs ne dormir qu’une dizaine de minutes sur les 44 heures de course.»

Tabarly ConcarneauIl signait son retour à la compétition sur le circuit Figaro Bénéteau, Erwan Tabarly s’est rassuré quant aux prochaines échéances.Photo @ Alexis Courcoux

Des coups à faire

Deuxième à moins de deux minutes, Erwan Tabarly était lui aussi ravi, lui qui revenait à la compétition après sa quatrième place sur la Solitaire Eric Bompard-Le Figaro 2016. Un homme encore une fois heureux qui pouvait enfin savoir où il en était par rapport à la concurrence après ses longs entraînements débutés fin février : «Je suis content de ce que j’ai fait. Après un bon départ, je suis satisfait de tout le déroulement où j’ai joué devant. Il y a eu pas mal de coups à faire tout du long, à chaque tronçon, avec plusieurs leaders dont Nicolas Lunven (Generali) ou Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et moi. Et il y avait toujours moyen de se refaire en cas de petite erreur. Cela ressemblait presque à une étape de la Solitaire avec du petit temps. Avec quasiment tous les partants du mois de juin prochain. Je ne sais pas si Charlie est le plus fort mais il a été le plus rapide. Malgré ses petites erreurs, il a réussi à remonter tout le monde un par un. Une chose est certaine, j’ai engrangé de la confiance.»

Bons repères

Sur la troisième marche du podium concarnois, Yann Eliès, le cinquième du dernier Vendée Globe, avait l’humeur joyeuse. Si la reprise avait été dure sur la Solo Normandie, le papy a fait de la résistance, comme il aime à le dire : «Mon objectif était de progresser par rapport à ma septième place en Normandie. Je pouvais viser la gagne mais je pense que Charlie Dalin est un cran au-dessus de moi pour l’instant. Je suis surtout content d’avoir progressé dans certains compartiments du jeu comme la vitesse au près. Je me sens d’ailleurs plus à l’aise que les années passées. A contrario, sous spi, je suis encore en dessous de ce que je suis capable de faire. Il faut que je bosse là-dessus. Mais globalement, je suis content de moi. Il faut que je retrouve mes repères sans trop saturer en navigation. Je prends du plaisir mais je vois que dans la vie de tous les jours j’ai besoin de recharger les batteries à la suite du Vendée Globe. J’espère que pour la prochaine course avant la Solitaire, j’aurai retrouvé ces bons repères avec un engagement mental plus important dans l’intensité de ma navigation.»

Eliès ConcarneauLe papy a fait de la résistance et a gardé de beaux restes. Yann Eliès monte en puissance en vue de la Solitaire Urgo Le Figaro. Photo @ Alexis Courcoux

Retour du grand Sud

Il était lui aussi de retour du grand Sud. Jérémie Beyou (Beyou Racing), quatorzième sur l’épreuve, avouait lui aussi les pieds sur terre qu’il a encore du mal à retrouver ses automatismes en Figaro Bénéteau 2. Les stigmates de sa troisième place sur le Vendée Globe étant encore bien tatoués. «Je ne suis pas forcément au top physiquement, mais il y a quand même des choses positives. J’ai retrouvé l’envie d’être sur l’eau, le bateau va bien, et j’ai une bonne vitesse au près. Les 15 premiers naviguent super bien. C’est difficile de gagner une place, surtout quand tu as un an et demi de travail de retard. Je ne m’inquiète pas ! Je suis content d’avoir fait cette course, et j’ai rempli mon petit carnet de plein de choses à travailler !»

Macaire ConcarneauUne déconvenue pour Xavier Macaire, 25e au classement général. Une bévue qui ne peut que le motiver pour la suite de la saison.Photo @ Alexis Courcoux

Il s’attendait certainement à jouer les premiers rôles après sa quatrième place sur la Solo Normandie. Las ! Xavier Macaire (Groupe SNEF), l’un des cadors de la classe, a vécu cette Solo Concarneau-Trophée Guy Cotten comme un véritable camouflet. «Je suis plutôt déçu. J’ai raté plusieurs options stratégiques, et donc je ne suis pas très content de moi. Je n’ai pas pu jouer avec les costauds, avec les gros bras de la série. Malgré mon bon départ, mes choix dans mes bords n’ont pas été judicieux. Lors de la descente, à 15 ou 20 milles des Birvideaux, j’ai choisi d’être plus à la côte par rapport aux fichiers météo que j’avais. J’ai finalement touché le vent en dernier. Et cela m’a coûté cher puisqu’après ce n’était que du petit train-train au reaching jusqu’à l’arrivée. Une chose est sûre, cette déconvenue qui apprend l’humilité ne remet pas en cause ma motivation pour toutes les autres courses du championnat même si là, j’ai accumulé de mauvais points.»

L’ultime entraînement grandeur nature pour la Solitaire Urgo Le Figaro se déroulera du 21 au 30 avril sur la Solo Maître CoQ aux Sables-d’Olonne.

POdium ConcarneauLe podium de cette 41e édition de la Solo Concarneau a fière allure. Erwan Tabarly (à gauche) et Yann Eliès encadrant Charlie Dalin. Photo @ Alexis Courcoux

Solo Concarneau Trophée Guy Cotten 2017

Classement général des 25 premiers

1.    Charlie Dalin (Skipper Macif 2015)

2.    Erwan Tabarly (Armor Lux) à 1’ 55’’

3.    Yann Éliès (Groupe Queguiner-Leucémie Espoir) à 2’ 33’’

4.    Adrien Hardy (Agir Recouvrement) à 3’ 45’’

5.    Thierry Chabagny (Gedimat) à 8’ 31’’

6.    Benjamin Dutreux (Du flocon à la Vague) 9’ 49’’

7.    Nicolas Lunven (Generali) à 10’ 27’’

8.    Alexis Loison (Custo Pol) à 16’ 54’’

9.    Gildas Mahé (Du talent mais pas d’argent) à 19’ 03’’

10.  Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance) à 27’ 15’’

11.  Anthony Marchand (Ovimpex-Secours Populaire) à 27’ 57’’

12.  Arnaud Godart-Philippe (Faun Environnement) 32’ 01’’

13.  Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) à 32’ 29’’

14.  Jérémie Beyou (Beyou Racing) à 32’ 37’’

15.   Damien Cloarec (SafeRail) à 33’ 16’’

16.   Justine Mettraux (TeamWork) à 38’ 49’’

17.   Pierre Raimbault (Bretagne CMB Espoir) à 41’ 30’’

18.  Damien Guillou (Ty Boat) à 44’ 26’’

19. Alan Roberts (Seacat Services) à 45’ 14’’

20. Julien Pulvé (Team Vendée Formation) à 47’ 26’’

21.  Pierre Leboucher (Aragorn) à 54’ 22’’

22.   Vincent Biarnès( Guyot Environnement) à 54’ 48’’

23.  Tanguy Le Turquais (Nibelis) à 55’ 02’’

24. Hugh Brayshaw (Offshore Academy 23) à 57’ 43’’

25. Xavier Macaire (Groupe SNEF) à 59’ 08’’