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Transgascogne 2017

Clarisse Crémer : «La Mini Transat va être palpitante»

Lors de la première étape, Clarisse Crémer avait réussi à griller la politesse à Erwan Le Draoulec dans les dix derniers milles avant l’arrivée en Espagne, s’octroyant ainsi une jolie première place chez les bateaux de Série, avec une avance d’une heure et une minute sur son dauphin. La skipper de TBS a réussi à tenir la cadence infernale imprimée par son adversaire une fois de plus, terminant seulement 22 minutes après lui à l’issue des 247 milles de la deuxième manche. Au bout du compte, la navigatrice est ainsi parvenue à conserver la première place au général, décrochant du même coup sa première victoire sur le circuit Mini. A moins de deux mois du coup d’envoi de la Mini Transat – La Boulangère, jamais le jeu n’a été aussi ouvert, ainsi que le confirme la jeune femme.
  • Publié le : 08/08/2017 - 10:37

Clarisse CrémerClarisse Crémer a conservé une avance de 38 minutes au classement général chez les Série Solo. Elle remporte ainsi sa première course sur le circuit des Mini.Photo @ Christophe Favreau/Transgascogne 6.50 2017
Voilesetvoiliers.com : Avant d’attaquer cette deuxième étape, vous aviez un crédit d’une heure et une minute sur votre poursuivant le plus proche. Une avance plutôt confortable. Comment avez-vous géré votre course ?
Clarisse Crémer : Au départ, je pensais que ça irait mais au final, j’ai eu un peu la pression et j’ai fait n’importe quoi. Dans les premiers milles, je me suis pris la tête avec des histoires de placements alors qu’il suffisait juste de suivre le vent. J’ai donc mis pas mal de temps à me mettre dedans. En plus, très vite, j’ai eu des soucis techniques de pilote qui ont fait que je n’ai quasiment pas dormi. J’ai fait au moins douze 360°. Je n’en pouvais plus ! Pour finir, j’ai changé de compas et c’est rentré dans l’ordre, mais ça a clairement pourri l’ambiance de ma course. Bref… J’ai mal commencé, mais ensuite je me suis vraiment concentrée sur la météo. J’avais eu un briefing intéressant par Tanguy Leglatin, mon coach à Lorient, juste avant de partir. J’ai fait le seul truc qui me paraissait à peu près logique, c’est-à-dire partir au Nord. Pour le reste, je n’ai pas eu de très bonnes sensations. En plus, on a tout fait au près ou presque, ce qui a rendu le truc un peu pénible. Heureusement, il y a eu un petit bord, tout à la fin, un peu plus débridé et donc un peu plus sympa, mais honnêtement, j’en ai pas mal bavé.

Au final, c’est une belle première place puisqu’Erwan Le Draoulec ne vous devance que de 22 minutes. C’est ainsi la première fois depuis votre arrivée sur le circuit des Mini, en 2015, que vous décrochez une victoire. On vous imagine très contente ?
C.C : C’est effectivement ma première victoire sur le circuit des 6.50. Je ne réalise pas du tout car je viens de passer deux jours vraiment dans le dur. Je savais qu’une heure et une minute d’avance à l’issue de la première manche, c’était assez confortable mais je ne voulais surtout pas m’emballer. Erwan est arrivé aux Sables-d’Olonne avec 22 minutes d’avance sur moi, ce lundi. Au général, je conserve donc 38 minutes de bonus, ce qui me permet de gagner. C’est chouette mais je pense que j’arriverai à mieux me rendre compte de ce qui se passe d’ici à quelques jours. Pour l’instant, je reste un peu bloquée sur mes histoires de soucis mécaniques… Bien sûr, je sais que ce que je viens de faire est bien. Sans doute que ça m’aidera dans les moments où se sera un peu plus dur. Ce sera le petit truc en plus qui fera que je me dirai que je suis autant capable que les autres. Aujourd’hui, je suis encore très impressionnée par certains de mes concurrents. Je me dis qu’ils sont nettement meilleurs que moi, néanmoins, je commence à comprendre que ça se joue beaucoup dans la tête.

Clarisse CrémerSkipper de 902 - TBS, Clarisse Crémer remporte la Transgascogne 2017 après 4 jours 08 heures 41 minutes et 22 secondes de course.Photo @ Christophe Favreau/Transgascogne 6.50 2017
Vous êtes arrivée sur le circuit il y a seulement deux ans, sans jamais avoir navigué auparavant ou presque. Votre marge de progression est impressionnante. Cela doit vous encourager…
C.C : C’est vrai. En tous les cas, j’aime ce que je fais. Je suis tout le temps en train d’essayer de voir ce que je pourrai améliorer. C’est d’ailleurs pour ça que je vois souvent les choses un peu négativement mais c’est comme ça que je progresse. J’avoue que ce n’est pas très agréable à entendre mais c’est ainsi que je fonctionne. Après, mon résultat d’aujourd’hui est le fruit de beaucoup d’entraînement. A Lorient, j’ai un super coach qui n’a pas peur de travailler avec des «presque» débutants comme moi, ni de les secouer un peu. Il sait me booster comme il faut et c’est pareil avec les autres. Erwan (Le Draoulec) est l’un de mes partenaires d’entraînement. C’est chouette de pouvoir partager avec lui des belles places à chaque course depuis le début de la saison, mais comme je l’ai dit, c’est énormément d’entraînement, de temps passé sur l’eau, mais aussi à terre à bosser la météo ou à faire de la préparation physique.

A présent, votre prochaine course est la Mini Transat La Boulangère. Dans quel état d’esprit l’abordez-vous ?
C.C : Je me dis que ma saison est réussie, ce qui me donne un peu de confiance mais la Mini Transat, je serai terriblement déçue de ne pas finir. Je mets donc vraiment toutes les chances de mon côté pour préparer au mieux mon bateau. Mon objectif, c’est avant tout d’arriver de l’autre côté. Cette Transgascogne a été une super course de préparation. Son format m’a permis de me créer une sorte de petite routine du large. C’était intéressant de barrer sans personne autour de moi. Bien sûr, c’est minuscule par rapport à ce qui m’attend cet automne, mais c’est déjà plus que tout ce que j’ai déjà pu faire jusqu’ici. J’ai beaucoup appris sur le plan météo, même si en Mini, on ne voit jamais tout parce qu’on n’a pas beaucoup d’infos. En Série, la bagarre s’annonce palpitante, notamment entre les Pogo 3. J’ai hâte de voir ce que ça donne. C’est quelque chose que j’ai en tête depuis un moment déjà. Au début, avec Tanguy (de Turquais, son compagnon, ndlr), on avait acheté le 599 ensemble avec l’idée que lui fasse la Mini en 2013 et moi en 2015. A l’époque, je n’ai pas senti le truc du tout. J’ai eu super peur mais je me suis relancée pour 2017. Maintenant, on y est ! (Rires) Ce que je ferai après ? Je vais avoir tout le temps d’y réfléchir entre la Rochelle et les Antilles. Jusqu’ici mon défaut, c’était de toujours tout prévoir. Désormais, je veux simplement profiter de l’instant présent.

Clarisse CrémerAvec une première place sur la première étape et une deuxième sur la deuxième, Clarisse Crémer peut savourer sa victoire. Elle termine première au général et remporte la Transgascogne 6.50 juste devant son ami Erwan Le Draoulec.Photo @ Christophe Favreau/Transgascogne 6.50 2017
Classements de la Transgascogne après deux étapes (avant jury) 

Proto Solo :

  1. Ian Lipinski (Griffon.fr) en 4j 01h 21min 13 s
  2. Simon Koster (Eight Cube Mojo) à 6h 44min 55s du premier
  3. Kéni Piperol (Région Guadeloupe) à 9h 08 min 53s

     

Proto Double :

  1. Clément Matchel – Jay Thompson (April Marine) en 4j 07h 49min 35s
  2. Patrick Jaffre – Stéphane Siohan (Projet Pioneer) à 6h 16min 11s du premier

     

Série Solo :

  1. Clarisse Crémer (TBS) en 4j 08h 41min 22s
  2. Erwan Le Draoulec (Emile Henry) à 30min 58s du premier
  3. Germain Kerveleo (Astrolabe Expédition) à 2h 38min 45s

     

Série Double :

  1. Chris Lükermann – Nicolas D’Estais (Orafol) en 4j 11h 58min 37 s
  2. Michel Sastre – Fabienne Vasse (Dame Argo) à 5h 09min 07s du premier
  3. Cédric Faron – Valentin Massu (Marine Nationale) à 6h 07min 02 s