Actualité à la Hune

Transat Jacques Vabre

Coville et Nélias : «On a joué à fond sur nos points forts !»

Ils rayonnent, littéralement. Alors que de gros nuages gris bouchent la Baie de tous les Saints, Thomas Coville et Jean-Luc Nélias ont des bouilles de soleil, sans exubérance mais avec cette joie mâtinée de fierté d’une victoire acquise de très haute lutte. Un succès assorti d’un nouveau record entre Le Havre et Salvador, décroché avec moins de deux heures d’avance sur Edmond de Rothschild à bord duquel les avaries se sont accumulées à commencer par un gros souci de foil empêchant le bateau de dépasser les 30 nœuds une fois en vol ! Rencontre avec des vainqueurs épanouis, sans oublier les explications techniques ayant ralenti les vaincus… même si vainqueurs comme vaincus s’accordent pour dire que la victoire a changé de camp lors d’une option tactique mal négociée par Josse et Rouxel.
  • Publié le : 13/11/2017 - 18:08

Coville NéliasDepuis que ces deux-là travaillent ensemble - Nélias à gauche et Coville à droite -, records et victoires tombent dans l'escarcelle de Sodebo.Photo @ Jean-Louis Carli/ALeA/TJV2017
Voilesetvoiliers.com : Dans quel état d’esprit êtes-vous après cette victoire ?
Thomas Coville :
Ce fut une belle bagarre. En partant du Havre, on savait que ce serait un sacré mano a mano avec Jojo et Thomas. Et ce fut cela tout le temps. Dès la première nuit, on a constaté que cela serait très chaud. On les a vus passer à notre vent. Et Gitana 17, quand il vous déboîte au vent, il est beau ! Il allait plus vite que nous. Devant Cherbourg puis ensuite au large de Guernesey, les conditions étaient difficiles et ils nous ont beaucoup impressionnés car ils n’ont pas levé le pied bien que cela soit un nouveau bateau (en particulier lors d’un départ à l’abattée périlleux, ndlr). Tout de suite ils ont voulu montrer qu’ils étaient là. Et on s’est fait un peu distancer. Lors de cette nuit, je me suis dit que s’ils allaient recommencer on aurait vite 100 milles dans la vue. Et on est passé pas loin de la correctionnelle.
Puis ensuite il y eut la descente au portant après le passage du front – un joli front comme dans les livres. Mais on sent qu’il se passe chez eux un truc bizarre.
Ils ont dû rouler dans la nuit et ils se sont décalés vers l’Est. Nous, nous créons du coup dans l’Ouest ce petit décalage qui nous remet dans le match et on passe devant. Du coup on revient dans le match on est devant et cela détermine la manière d’entrer dans le pot au noir et conditionne la suite, même s’ils sont revenus une fois.

Voilesetvoiliers.com : Que représente cette victoire après les deux records battus dernièrement ?
T.C. :
Elle représente qu’on n’a pas battu que des records mais qu’on sait aussi gagner des courses. Je crois qu’on a construit une belle histoire et nous aimons cela. Lors de la dernière Jacques Vabre, nous avions un peu d’amertume de s’être fait battre par meilleur que nous, par François (Gabart et Pascal Bidégorry sur Macif, ndlr). On avait alors décidé de revenir. On n’a pas laissé grand-chose de côté cette année. On a rendu compatibles des records et des courses. Ce qui est compliqué dans notre sport mécanique, c’est d’être dans le bon timing sur des sujets aussi divers. Que le bateau arrive dans cet état nickel après une course comme celle-là prouve que notre équipe est monstrueusement compétente. C’est une magnifique victoire !
Jean-Luc Nélias : C’est ta deuxième. Moi je l’ai disputé six ou sept fois et j’ai terminé trois fois deuxième. C’est ma première victoire ! C’est génial. C’est un peu franco-français comme course mais il faut se battre, se déchirer. Il y a huit jours nous étions au Havre et là on est à Salvador, sur un autre continent, un autre hémisphère. Lorsque nous avons commencé à naviguer, nous étions sur des bateaux très lents. On mesure cette conscience des déplacements physiques. On traverse un pays en une journée. Avant-hier nous étions dans le pot au noir et nous voilà au Brésil. La dernière nuit, nous avons croisé des pêcheurs à fond. On était à 35 nœuds avec nos voiles noires. Ils devaient être effrayés, mais ils n’imaginent pas que, 48 heures avant, nous étions au Cap Vert. Cela nous bluffe tout le temps. Chaque soir la lune n’est pas au même endroit. On se déplace, c’est magnifique.

arrivée SodeboEn passant le splendide phare de Barra, Sodebo Ultim' entamait l'ultime ligne droite vers la victoire en ce lundi 13 novembre.Photo @ Jean-Marie Liot/ALeA/TJV2017
Voilesetvoiliers.com : Comment analysez-vous votre course ?
T.C. :
C’est une belle trajectoire ; la trace est belle. Il y a eu peu de moment avec un point mort ou une inflexion. C’est le job de Jean-Luc avec Christian Dumard (le routeur à terre, ndlr) de manière à ne pas laisser un millimètre de place à Gitana pour s’immiscer. Et eux nous en ont laissé un : on l’a chopé. (…) La seule chose qu’on pouvait voir en analysant la trajectoire de Gitana ce sont les manœuvres. Mais pour décrypter les nôtres, ce n’est pas simple. Nos trajectoires sont hyper tendues, fluides. On a joué à fond sur nos points forts. Quand cela se passe comme cela on est hyper heureux.
J.-L.N. : Nous n’avons pas eu de réussite au large du Cap Vert (ils étaient alors en tête, ndlr). Il y avait un point critique où on pouvait couper le fromage. Avant le Cap Vert, on a perdu pas mal de milles sur Gitana qui a réussi à être un peu plus à l'Ouest que nous et nous faire le coup qu’on lui avait fait avant.
À ce moment-là, il s’était mis dans une situation un peu ambiguë en roulant son gennaker et en lofant avant les Canaries, ce qui l’a obligé d’empanner et de croiser derrière. Et nous, on se retrouve un peu coincé le lendemain au large du Cap Vert. Mais on s’était dit : il faut prendre des risques pour gagner.
Ensuite, on attendait sa fameuse pointe de vitesse à 40 nœuds et on se dit : «S’ils la décochent, on est mort.» D’où cette trajectoire tendue, sans jamais nous calquer sur sa course. Et en faisant notre trace à nous, cela s’est moins bien passé avant le Cap Vert. Notre prise de risque nous a coûté des milles.

Voilesetvoiliers.com : Quand avez-vous compris qu’Edmond de Rothschild était handicapé ?
J.-L.N. :
Avant le pot au noir, où on faisait un reaching idéal. On était à 32 nœuds de moyenne et eux à 30 seulement.
T.C. : S’il y a en plus du passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène un endroit où tu peux voler et être à 37 nœuds de moyenne, c’est bien là. Et ils étaient moins rapides. Chaque chiffre est une cinématique. Un cap, une vitesse, un enchaînement… on dissèque tout. On lit la manœuvre qu’ils ont faite, l’avarie qu’ils rencontrent, on décrypte tout ! (…) On l’a deviné. C‘est le sport mécanique qui veut cela. Mais on a quand même tout donné jusqu’à la dernière nuit. Lors de celle-là, à un moment on a vu qu’ils décrochaient : et là c’est jouissif. À 100 milles d’ici, on a vu qu’ils avaient jeté l’éponge !

Sodebo Ultim"Première séance d'interviews pour les vainqueurs, Thomas Coville (à gauche) et Jean-Luc Nélias (à droite), Coville mangeant une mangue et Nélias sirotant une caïpirinha.Photo @ Jean-Louis Carli/ALeA/TJV17

J.-L.N. : Dans le pot au noir aussi ils ont réparé certainement quelque chose. Puis un autre problème entre le pot au noir et Recife. D’un seul coup, dans trois classements séparés d’une heure, ils étaient à 24 nœuds et nous à 28. On largue le ris, eux aussi. Mais ils ont un souci. Ils étaient à 11 milles derrière et ils se retrouvent à 35.
T.C. : C’était notre angoisse : la moindre avarie et il faut sortir la caisse à outils. Ou une manœuvre que tu rates. Et là cela casse ta trajectoire.

Voilesetvoiliers.com : vous avez abordé cette dernière nuit certains de la victoire ?
J.-L.N. :
Elle fut difficile. On allait très vite dans une mer très courte avec des pêcheurs, des grains : toute la dramaturgie était en place. La tension montait. On prenait des risques avec le bateau. Et quand tu prends des risques avec un tel bateau, il y a un engagement physique réel, ce bateau étant tellement plus puissant que nous. Sa puissance nous dépasse. Les accélérations sont brutales. On a en plus alors un déficit de sommeil… Avec un degré de barre perdu par déconcentration, on passe de 30 à 37 nœuds. Le pilotage est fin. C’est anxiogène.

Voilesetvoiliers.com : Avez-vous eu des soucis techniques de votre côté ?
T.C. :
Un constrictor de rotation de mât qui a lâché. C’est tout. C’est le fruit du travail, de l’expérience et la connaissance alors qu’eux, en face, ils en manquaient. Pour éprouver un bateau, tu ne peux pas faire mieux que ce que nous avons vécu sur cette transat : front froid, du portant avec 32 nœuds de brise dans l’alizé… On va en entendre parler de ce bateau et de ces deux bonshommes. On n’a pas réussi à faire cela lors de la première transat avec Sodebo. Mais en solo autour du monde ça va être un dossier ce bateau-là de par sa complexité.
J.-L.N : Notre travail est bon mais ce qui nous permet de gagner c’est leurs problèmes !

Maxi Edmond de RothschildMoins de deux heures après Sodebo, Edmond de Rothschild rejoignait la Baie de tous les Saints et le port de Salvador de Bahia.Photo @ Yann Riou/Gitana S.A.

Voilesetvoiliers.com : On vous sent mesurés après cette victoire…
T.C. :
C’est une vraie joie, il n’y a pas de mesure. C’est profond et intense. C’est une belle histoire qui se construit depuis deux ans. Toute l’année on a écrit une belle histoire. C’est une spirale. Tu commences à être en confiance. Tu tentes, tu oses. C’est important pour notre groupe de ne pas gagner que des records mais aussi des courses contre d’autres gens, et pas n’importe qui !
J.-L.N. : Gagner n’arrive pas si souvent que cela. Il faut savoir l’apprécier, le goûter et bien l’utiliser. En déguster toutes les joies avec notre équipe, notre famille, nos amis. Et réfléchir comment en tirer le meilleur. Il y a un peu l’âge qui fait que nous avons un peu de recul.
T.C. : Quand tu gagnes à deux, tu as en toi une part de respect et de pudeur mutuelle qui fait que l’expression de la victoire est forcément différente. Elle est supplémentaire.
J.-L.N. : Supplémentaire, car elle est à deux. Et c’est quelque chose que nous allons partager tout le reste de notre existence. Il arrive des moments où on fait des petits bilans dans la vie. Cette transat en fera partie. Elle est aussi dépendante de cette relation que j’ai avec Thomas. C’est complexe d’appréhender ainsi ce genre de résultat et de se forger un souvenir qui sera le bon tout le temps ensuite. Un souvenir professionnel et de vie car elle tourne autour du bateau. C’est notre chemin de vie et cette victoire est un jalon de ce chemin.
T.C. : C’est une construction faite ensemble. On a construit, on s’est entraîné, on a fait une première Jacques Vabre tous les deux. On navigue souvent ensemble et quasiment toutes les semaines lorsque le bateau est à l’eau. Ce n’est pas né de cette année exceptionnelle et c’est ce qui rend ce succès très plaisant. Nous ne sommes pas des potes dans la vie. On ne se voit pas, nos familles ne sont pas tout le temps ensemble, on ne se fait pas de bouffes, en revanche on a d’énormes points communs et des similitudes de vie et de point de vue. Dont celui de la bienveillance dont je parle souvent. Ce fut l’arme fatale de cette victoire : la bienveillance de bout en bout l’un envers l’autre. La bienveillance est une arme redoutable en sport pour gagner. Cela fait partie de notre éducation et de notre manière de vivre et nous l’avons mis en application sur le bateau. C’est très rare de trouver quelqu’un d’aussi réceptif à un point aussi subtil dans la vie mais aussi au niveau professionnel et dans le haut niveau.

CovilleExtatique ! En course au large, ces douze derniers mois seront ceux de Thomas Coville, avec le record autour du monde en solitaire, celui de l'Atlantique et cette victoire au terme de la Transat Jacques Vabre.Photo @ Jean-Marie Liot/ALeA/TJV2017
Voilesetvoiliers.com : Vous en avez des exemples ?
T.C. : Sachant que Jean-Luc avait mal aux bras, je m’arrangeais toujours pour me positionner sur la colonne de winch pour tourner dans le sens où cela serait difficile pour les bras. Jamais on ne laisse l’autre… Même manger : voilà deux jours il me fait une réflexion : «On mange bien mais il y a jamais de dessert.» Et bien cette nuit, il avait un ananas frais découpé. Ensuite cela remonte au niveau de l’humour. (…) Car à ce sujet, c’est un vicelard ! (rires) Il ouvre tous les paquets de bouffe journalière et va chercher ce qu’il aime.
J.-L.N. : C’est faux ! (rires) Il y a des sacs journaliers pour Thomas et d’autres pour Jean-Luc qui est un peu plus bec sucré. Il y a eu des négos avec notre nutritionniste ; mais Thomas n’a pas le droit, c’est un ascète (sourire). Mais dès le premier soir c’est parti en live : on a attaqué dans le sac 8, en l’explosant, en prenant les petites barres au chocolat… La pauvre, quand elle va le savoir ça va être terrible !

Voilesetvoiliers.com : Thomas, après les records autour du monde et de l’Atlantique, c’est votre plus belle année ?
T.C. :
Plus belle année… (Nélias le coupe, ndlr)
J.-L.N : Il aurait quand même pu être élu «meilleur marin du monde de la planète !». II a fait le tour du monde en moins de 49 jours, il a battu le record de l’Atlantique et gagne la Jacques Vabre et ils (Word Sailing, la fédération internationale de voile qui vient d’élire Peter Burling marin de l’année 2017, ndlr) nous mettent un mec qui fait du bateau volant dans le lagon aux Bermudes. Faut être sérieux. Ça ne va pas !


Maxi Edmond de RothschildThomas Rouxel et Sébastien Josse se prêtèrent de bonne grâce aux interviews d'après-course mais chez ces gagneurs la déception de terminer à la deuxième place passait mal...Photo @ Jean-Marie Liot/ALeA/TJV2017

Edmond de Rothschild, soucis en stocks

La première transat du Maxi Edmond de Rothschild a été parfois un vrai chemin de croix. Et pourtant il lui manqua moins de deux heures pour vaincre, ce qui faisait maugréer Sébastien Josse et Thomas Rouxel, gagneurs teigneux déçus par cette deuxième place. La cascade de soucis démarra… avant le départ. Lors de la derrière nuit à terre, un orage éclata au-dessus du Havre et mit en rideau l’AIS du trimaran. Du coup, par mesure de sécurité, Josse et Rouxel furent aidés par le CROSS lors de la sortie de la Manche, avalée à une vitesse folle. Puis ce fut ensuite au tour des foils. Les peaux intérieures au niveau de la courbure se sont peu à peu décollées, sur un premier au passage des Açores puis sur le second avant le pot au noir. La structure des appendices ne semble pas en cause, mais seule une expertise avant une réparation menée au Brésil le révélera. «Du coup, cela créait une sorte de ballon, de dépression dans l’eau à cet endroit crucial qui empêchait le bateau de voler vite, explique Cyril Dardashti, patron du team Gitana. Le bateau décollait, mais à partir de 30 nœuds il ne pouvait plus accélérer et retombait.» Et du coup, en mode navigation sur l’eau et plus en mode vol, le bateau «broutait», selon les propres termes de Sébastien Josse, à savoir que son étrave de coque centrale manquant de volume, plongeait dans la mer. «Quand je voyais que Sodebo marchait à 32 nœuds au reaching en fin de course et nous à 30, expliquait le skipper, je me disais "Oh les Cochons !"»

Edmond de Rothschild accusait alors un déficit de vitesse de l’ordre de 7 nœuds ! Puis en fin de pot au noir, il y eut quatre heures passées sans la moindre électricité et donc la moindre assistance, ni pilote automatique dans une zone météo très perturbée ! De l’eau était entrée dans le moteur, mettant celui-ci en panne ; panne que Josse répara avec abnégation. Moralité : terminer deuxième de cette Transat à moins de deux heures du vainqueur est une sacré performance. L’histoire ne dit pas si Edmond de Rothschild eut été en mesure de conserver le commandement s’il n’avait pas ouvert la porte par une option météo hasardeuse, mais en tout cas la course de Josse et Rouxel ne fut pas facilitée. Dardashti, lui, positivait : «On est rassuré, car tous ces soucis sont des défauts de jeunesse et pas de structure sur un bateau lancé mi-juillet dernier. La Route du Rhum est dans un an ; on a douze mois pour tout fiabiliser.» Ph.J.


Prince de BretagneLe prochain bateau attendu est Prince de Bretagne qui devrait rallier l'arrivée jeudi matin.Photo @ Alexis Courcoux/Prince de Bretagne

Transat Jacques Vabre 2017
Les trois premiers de chaque catégorie
Classements le 14 novembre à 12 h 06


Ultim
1. Sodebo Ultim’ (Coville-Nélias), arrivé le 13/11/2017 à 11 h 42'27''
Temps de course : 7 j 22 h 7'27''. Moy. : 22,92 nœuds sur l'orthodromie (4 350 milles) et 24,94 nœuds sur le fond (4 742 milles parcourus).
2. Maxi Edmond de Rothschild (Josse-Rouxel), arrivé le 13/11/2017 à 13 h 30'24''

Retard sur le premier : 1 h 47'57''. Temps de course : 7 j 23 h 55'24''. Moy. : 22,70 nœuds sur l'orthodromie (4 350 milles) et 25,21 nœuds sur le fond (4 838 milles parcourus).
3. Prince de Bretagne (Lemonchois-Stamm), à 885,4 milles de l'arrivée.

IMOCA
1. St-Michel-Virbac (Dick-Eliès), à 1 345,3 milles de l’arrivée.
2. SMA (Meilhat-Gahinet), à 53,3 milles du premier.
3. Des voiles et Vous (Lagravière-Peron), à 117 milles du premier.

Multi50
1. Arkema (Roucayrol-Pella), à 984,4 milles de l’arrivée.

2. FenétrêA-Mix Buffet (Le Roux-Riou), à 46,6 milles du premier.
3. Réauté Chocolat (Tripon-Barnaud), à 285,6 milles du premier.

Class40
1. 
Imerys Clean Energy (Sharp-Santurde),  à 1 906,5 milles de l’arrivée.
2. Aïna Enfance et Avenir (Chappellier-Le Vaillant), à 2,6 milles du premier.
3. 
V&B (Sorel-Carpentier), à 3,9 milles du premier.

Classements complets et cartographie ici.

Vidéo. Revivez l'arrivée de Sodebo Ultim' et Gitana 17 à Salvador de Bahia