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Grand Prix Guyader

Gwen Chapalain : «Une belle course dans un bel esprit»

C’est en disputant la Semaine de Kiel voilà près de vingt ans que Gwen Chapalain, régatier confirmé, et Louis Urvois, président de la Société des Régates de Douarnenez (décédé l’an passé, ndlr) avaient l’idée de ce qui est aujourd’hui le Grand Prix Guyader. «Il y avait la fête foraine à terre, des petits comme des grands bateaux, se souvient Chapalain. On s’est dit qu’avec nos trois ports et notre plan d’eau grandiose qu’est la baie de Douarnenez on pouvait lancer un très bel événement.» L’édition 2017, baignée d’une météo idéale, s’est achevée lundi après dix jours de compétitions et d’animations particulièrement variées, allant de régates en Open BIC à celles en IMOCA en passant par des runs ou une confrontation de pêcheurs à la ligne. Gwen Chapalain, créateur et organisateur de cet événement multifacettes, en dresse le bilan tout en annonçant la naissance d’une nouvelle course !
  • Publié le : 09/05/2017 - 17:11

GP Guyader 2017De retour du Vendée Globe, les IMOCA (ici SMA, StMichel-Virbac et Finistère Mer Vent) se sont affrontés lors de 18e Grand Prix Guyader dans la baie de Douarnenez.Photo @ Jacques Vapillon/Grand Prix Guyader

Voilesetvoiliers.com : Quel bilan tirez-vous de ce 18e Grand Prix Guyader ?
Gwen Chapalain :
Je l’ai créé voilà dix-huit ans avec Louis Urvois dans un objectif de promotion du stade nautique de la baie de Douarnenez et tu réfléchis qu’avec un plan d’eau aussi magistral il est bien d’y différencier les supports pour utiliser tous les potentiels du lieu. Comme par hasard on a terminé lundi 8 mai par le concours de pêche et il n’y avait plus aucun vent avec une petite brume matinale. Parfaite ambiance de pêcheurs ! Et un sacré contraste avec la veille lors des régates des gros bateaux avec un vent d’Est de 25/30 nœuds absolument idéal.

Gwen ChapalainRégatier talentueux, Gwen Chapalain, spécialiste du Dragon, a lancé le Grand Prix Guyader voilà 18 ans et organise toujours cet événement.Photo @ Dominic BourgeoisVoilesevoiliers.com : Combien aviez-vous de participants cette année ?
G. C. :
Entre 700 et 800. Nous aurons le total définitif dans quelques jours. La série Dragon et l’événement en paddle étaient plus faibles que les années précédentes.

Voilesevoiliers.com : Pour quelles raisons ?
G. C. :
Il y a le championnat du monde de Dragon à Cascais (Portugal) dans trois semaines et pas mal de «dragonistes» ont préféré s’y consacrer. La plupart des bateaux y sont déjà depuis novembre dernier pour se préparer sur ce plan d’eau aux régates à venir. Mais on a des amis belges qui n’ont pas hésité à faire 6 000 kilomètres pour venir disputer le Grand Prix. Quant au paddle, nous avons changé de concept pour adopter celui d’une «city race» pour lequel nous avons démarré trop tard la promotion. Nous sommes ravis de cette nouvelle idée qui est de découvrir les trois ports par la mer. Ludique et grand public mais comme on a mal annoncé cet événement, on a eu une trentaine de participants alors qu’on pourrait en avoir trois cents !

Grand Prix Guyader 2017Avec 31 inscrits et 7 nationalités représentées, les Dragon étaient moins nombreux cette année que par le passé.Photo @ Jacques Vapillon/Grand Prix Guyader

Voilestevoiliers.com : Et quelles furent les grandes réussites de cette édition 2017 ?
G. C. :
Clairement le concours de pêche. Nous avions une soixantaine de participants avec une douzaine de partenaires du monde de la pêche qui nous accompagne. Et cela va grossir.

Voilesevoiliers.com : Quels sont les axes de développement pour 2018 ?
G. C. :
J’écris le scénario du Grand Prix au mois de septembre après en avoir fait le bilan en juin. Beaucoup d’éléments entrent en compte, à commencer par le calendrier de chacune des séries. Cette année, nous étions vraiment contents du retour des gros bateaux car, en 2016, la Transat anglaise avait empêché les Multi50 et les IMOCA d'être présents. Cette fois ils étaient là en plus des Class40 venus la semaine d’avant. Cela étale la présence des bateaux et permet plus de convivialité. Ce qui est important pour nous. Car le Grand Prix est un peu la seule épreuve un peu fun du calendrier. On navigue bien en mer et on boit des coups entre les différentes classes à terre ensuite. Tous n’ont pas cette volonté : les Diam 24 par exemple ne sont là que pour le sport. C’est bien mais je n’ai jamais souhaité que le curseur sport soit trop élevé : une victoire au Grand Prix Guyader ne va pas changer la carrière d’un marin. C’est la belle course de début de saison dans un bel état d’esprit festif. Pour 2018, je n’ai pas encore d’idée du Grand Prix : cela dépendra des calendriers, des horaires de marée, des capacités portuaires.

Réauté ChocolatArmel Tripon, skipper de Réauté Chocolat, termine sur la 3e marche du podium au classement général des Multi50.Photo @ Jacques Vapillon/Grand Prix Guyader

Voilestevoiliers.com : Long et mélangeant beaucoup de séries ou de pratiques, le Grand Prix Guyader ne manque-t-il pas de lisibilité ?
G. C. :
L’épreuve la plus simple et la plus connue part des Sables-d’Olonne, fait le tour du monde et revient aux Sables. Cela s’appelle le Vendée Globe ! Nous, on a une dizaine de séries différentes, elles vont et viennent, on a des cultures maritimes différentes et cela dure dix jours ! C’est épuisant pour les organisateurs, mais lorsqu’on voit le sourire des participants - encore plus grands cette année avec les conditions météo optimales que nous avons eues –, on en retire une certaine fierté.

Finistère Mer VentToute la diversité de cet événement avec cette confrontation amicale entre le Finistère Mer Vent de Jean Le Cam et les kite-surfers.Photo @ Jacques Vapillon/Grand Prix Guyader

Voilesetvoiliers.com : Et de ce Grand Prix naissent les bonnes idées…
G. C. :
Nous annonçons en effet ce jour la création d’une nouvelle course avec la Classe Multi50. Si son nom n’est pas encore déterminé il est monté avec le partenariat de la société de thalassothérapie Valdys qui possède quatre centres (Douarnenez, Roscoff, La Baule et Saint-Jean-de-Monts). Début septembre, chaque année, on va organiser une épreuve entre ces quatre centres pour accompagner l’essor formidable que cette classe connaît actuellement.

Les classements complets du Grand Prix Guyader 2017 sont à retrouver ici