Actualité à la Hune

SPI OUEST-France - DESTINATION MORBIHAN

Le double, formule en vogue

C’est une question récurrente que tous les organisateurs de course en habitable se posent. Comment compenser l’érosion de bateaux jaugés en IRC, les équipages nombreux étant de plus en plus durs à fidéliser ? Et même si cette 39e édition du Spi Ouest-France avec 409 bateaux est un succès indiscutable, la série IRC double, prouve avec 34 engagés, que la tendance est en vogue, sans parler des enjeux commerciaux non négligeables.
  • Publié le : 17/04/2017 - 09:16

 

Spi double 3Nombre d’équipages engagés lors de ce 39e Spi se préparent pour la Transquadra 2017. Photo @ Didier Ravon

Il ne faut pas se leurrer. Pour un chantier, remporter le Spi Ouest-France Destination Morbihan, est généralement la meilleure publicité qui soit pour séduire des régatiers amateurs, acquéreurs potentiels de bateaux de course-croisière performants.
Des chantiers comme JPK, Ofcet, J Composites, Jeanneau, BG Race, Bénéteau, Pogo, Grand Soleil ou encore X Yachts l’ont compris depuis longtemps, et c’est d’autant plus vrai dans la série des IRC Double qui, cette année à La Trinité-sur-Mer, connaît un succès grandissant. Les mauvaises langues pourront toujours avancer que c’est surtout parce que c’est une année de Transquadra, transat en double ou en solitaire réservée aux plus de 40 ans au départ de Lorient et Barcelone et à destination de la Martinique via Madère, ce n’est pas totalement faux… mais pas totalement vrai non plus !

Spi double 4Charline de la famille Hamon, l’un des neufs JPK 10.10 ou 10.80 en IRC Double. Photo @ Didier Ravon

Panne d’équipiers !

« Il est de plus en plus difficile de « bloquer » une demi-douzaine d’équipiers une semaine lors du week-end de Pâques sans parler du Challenge de printemps » explique un habitué du Spi, qui préfère rester anonyme afin de ne pas froisser ses fidèles amis qui, du coup, sont restés à quai ou ont dû trouver d’autres embarquements… Lui n’a pas manqué une édition depuis quinze ans en équipage, mais a désormais décidé de régater en double sur son A35, même si ses obligations professionnelles ne lui permettront pas de disputer la Transquadra, dont pourtant il rêve. « J’en avais aussi un peu ras la casquette de devoir recruter sur un ponton une paire de bras supplémentaires la veille du Spi, un équipier m’ayant « planté » deux jours plus tôt » se justifie-t-il…
Le Brestois Patrick Farcy, qui a longtemps participé et gagné nombre de Spi en équipage, est lui aussi passé au double, avec sa femme Anne il y a quelques années à bord de leur JPK 9.60 Cavok 4. Même chose pour Penny Aubert, qui a beaucoup couru en J/24 et présidé la classe, avant de se mettre au double sur son Sun Fast 3200 Georgia. Dans cette série, adepte du bi-safran et dont le niveau ne cesse de monter, on ne trouve que des marins confirmés qui ont beaucoup bourlingué… mais possèdent foison de cheveux gris !

Spi double 5Un tiers de la flotte est constitué de Jeanneau Sun Fast 3200. Photo @ Didier Ravon

On retrouve aussi d’anciens régatiers en dériveur de haut niveau, à l’image de Daniel Péponnet, (son fils Kevin navigue, lui, sur le Diam 24 Lorina Limonade – Golfe du Morbihan, ndlr) ancien champion d’Europe de 470, ou Olivier Burgaud, ancien champion de France de Fireball et qui, après deux courses et deux victoires, menait le classement général avec Louis Lagadec sur le JPK 10.80 LS Resa au moment d’écrire ces lignes. On croise également l’inoxydable Patrice Carpentier qui a 67 ans, une Whitbread, trois Vendée Globe et des dizaines de transats et Figaro dans les bottes, navigue à bord de son Sun Fast 3200 Groupe 5, avec son vieux complice Gilles Bréteché, architecte du Monotype 7,50, ou encore Jérôme Croyère, qui avec son frère Antoine (récent président de la SNT) ont disputé la première Whitbread sur Pen Duick VI avec Éric Tabarly en 1973, et ont aussi remporté la Transquadra 2008.

Des « commerciaux » de haut niveau !

Il n’y a rien de mieux pour un chantier lançant un nouveau bateau, de s’adjoindre les services de champions en activité, genre « pilote d’usine ». C’est le cas de J Composites qui, lors de ce Spi, étrenne le J11S, un bateau spécialement optimisé pour la course en double à partir de la carène du J111, mais ne possède pas encore un rating optimisé. Didier le Moal, le patron du chantier vendéen a demandé à Nicolas Troussel, double vainqueur de la Solitaire du Figaro, de mettre au point ce bateau, clairement destiné à des coureurs voulant disputer la Transquadra.

Spi double 2Le Figariste Xavier Macaire est venu régater sur le nouvel Ofcet 32. Photo @ Didier Ravon
« Ce n’est pas une tendance, c’est une évidence ! » explique Nico Troussel quand on lui demande ce qu’il pense de cette série en vogue. « Je suis impressionné par le niveau général et on s’amuse bien. Le fait que l’on soit présent, motive sans doute encore plus les « amateurs », et nous, on est aussi là pour faire en sorte d’attirer un peu plus les acheteurs potentiels. »
Xavier Macaire, champion de France Élite de course au large, deuxième et troisième de la Solitaire du Figaro, effectue lui aussi une « pige » aux côtés du Rochelais Yann Dubé, patron du chantier Ofcet. Après le succès de son Mini 6.50, Yann a décidé de lancer la production de l’Ofcet 32, un plan Lombard radical mettant en avant la filière nautique rochelaise. On aime ou pas les lignes étonnantes, mais le bateau semble bien né. Macaire ne s’en cache pas : « si une belle performance au Spi, peut permettre de donner une bonne image du bateau, c’est tout bénéfice pour le chantier. »

Spi double 1Beaucoup de départs en IRC double s’effectuent sous spi ! Photo @ Didier Ravon

Une chose semble sûre, les 68 marins se sont manifestement régalés, uniquement sur des parcours côtiers en baie de Quiberon, avec des départs dits « à l’anglaise » donc parfois lancés sous spi.

Retrouvez l’ensemble des résultats sur le site du Spi Ouest-France - Destination Morbihan.