Actualité à la Hune

SNIM 2017

Mistral gagnant !

Avec 125 bateaux participants, du Surprise au TP52, et un Mistral des plus vigoureux, la 52e SNIM aura été forte en sensations. Retour en rade de Marseille sur une belle édition.
  • Publié le : 19/04/2017 - 00:01

SNIM 2017Avec des températures printanières, le soleil, la mer bleu profond typiques des jours de Mistral et un vent tonique, le décor de cette 52e SNIM était splendide, et les régates fortes en adrénaline.Photo @ Pierrick Jeannoutot
Vendredi 14 avril, cent vingt-cinq bateaux étaient au rendez-vous au Vieux-Port, devant la Société Nautique de Marseille, pour en découdre en ce week-end de Pâques. Le mistral s’annonçait musclé pour les jours à venir, mais ce premier jour de régate a offert des conditions idéales avec des températures printanières, un grand ciel bleu et un vent d’une quinzaine de nœuds, forcissant en fin d’après-midi à 25. La traditionnelle Grande Course était donc lancée à 15 heures, avec deux parcours : une boucle de 40 milles jusqu’à l’île Verte pour les IRC 2 et 3, les grands IRC 0 et 1 continuant jusqu’aux Embiez (60 milles). Pendant ce temps, les IRC 4 et Grand Surprise disputaient trois courses dans la rade, les Surprise attendant le lendemain pour débuter leur Championnat de Méditerranée.

SNIM 2017Le vent est monté crescendo : soutenu le vendredi (15 à 25 nœuds), fort le samedi, puis trop fort le dimanche – seuls les IRC 0 à 3 ont pu disputer une manche, sous des rafales à 40 nœuds.Photo @ Pierrick Jeannoutot
Le mistral s’en mêle

Le samedi 15 avril, même si la nuit avait été courte – les derniers équipages étant rentrés au port peu après minuit - il fallait tout donner : avant la fin de la journée le Mistral allait rentrer fort. Effectivement, en fin d’après-midi on dénombrait des dizaines d’abandons et pas mal de spis déchirés, mais trois manches au moins avaient pu être lancées dans chacune des sept catégories (quatre pour les monotypes Surprise et Grand Surprise).

Dimanche, le mistral dictait sa loi : avec 30 à 40 nœuds et des vagues hautes et courtes, ce fut chômage forcé pour les monotypes et les IRC 4. Seuls les IRC 0 à 3 étaient autorisés à aller sur l’eau, le port de gilet étant rendu obligatoire pour tous. Une seule manche pouvait être disputée, avant que les trop nombreuses casses et figures libres n’incitent le comité de course à sonner le rappel des voiliers au port. Enfin, les ingrédients étaient de nouveau réunis lundi pour un final en beauté.

TP52Arobas2, Team Vision Future et Alizée, devant le phare du Planier. Les trois TP52 ont assuré le spectacle sur cette 52e SNIM.Photo @ Pierrick Jeannoutot

Un plateau en hausse

Dès le premier jour, François Palloux, sur Magic Twelve, qui court la SNIM depuis 46 ans, saluait «le retour d’une flotte de bateaux pointus et performants qui rappelle l’époque où les Italiens venaient nombreux en IOR avec des protos incroyables. Puis ils ne sont plus venus et la SNIM avait perdu de sa splendeur, mais aujourd’hui on a l’extrait de ce qui se fait de mieux en termes de bateaux et ce, dans toutes les catégories IRC. On sent la préparation du championnat d’Europe IRC qui aura lieu en juillet à Marseille. On a un très haut niveau technique.» En effet il y avait du beau monde, et notamment quelques grandes unités – trois TP52, deux Swan 50 et un Swan 601 – qui ont assuré le spectacle. Bien que les équipages soient majoritairement amateurs, nombre de bateaux accueillaient à leur bord des pointures comme Xavier Rohart, Yannick Bestaven, Julien d’Ortoli et Stéphane Christidis… Sans oublier les vieux briscards des courses en Méditerranée que sont Bernard Mallaret, Jean-Paul Mouren, Jean-Marie Vidal, Paul d’Ortoli, Dimitri Deruelle ou Alain Fédensieu.

Tonnerre de GlenBon départ également pour Tonnerre de Glen, en IRC 1 : le Ker 46 de Dominique Tian en a terminé avec la Grande course pile une heure avant son premier poursuivant, Adrenaline de Michel Gendron. Et remporte sa première SNIM dans cette catégorie.Photo @ Pierrick Jeannoutot
Des favoris qui en imposent

Au terme de ces quatre journées intenses, force est de constater que les grands favoris s’en sont tirés avec les honneurs. Comme le rappelait Dimitri Deruelle, tacticien à bord de Geranium killer, les conditions s’y prêtaient : «Le vent fort, ça remet les idées en place, et surtout les équipages à niveau. Le nôtre s’est entraîné durement cet hiver, et tourne maintenant depuis plusieurs saisons : ça porte ses fruits.» Malgré une grande course décevante, terminée dans le petit temps en 6e position, le A40 RC barré par Pascal Fravalo enchaîne les places de 2e puis de 1er et parvient à monter sur la deuxième marche du podium, derrière un autre A40RC, Vito 2.

En IRC 0, le suspense n’aura guère duré : le TP52 Team Vision Future de Jean-Jacques Chaubard et Mickaël Mergui a rendu une copie nette et sans rature, avec huit victoires sur les huit courses disputées. L’équipage, qui navigue ensemble depuis sept ans, empoche donc sa quatrième SNIM : joli !

Dominique Tian et son Tonnerre de Glen n’ont pas raté leur entrée dans la catégorie IRC 1 : le Ker 46 barré par Joël Xiberras s’octroie une première place de bon augure avant la tenue des championnats d’Europe IRC qui auront lieu à Marseille du 5 au 9 juillet.

Du côté des plus petits, c’est le Sunfast 3600 Twinl Banque d’Affaires de Franck Loubaresse qui rafle la mise en IRC 3, et Expresso de Guy Claes en IRC 4.

Team Vision FutureLe TP52 Team Vision Future mené par Mickaël Mergui et Jean-Jacques Chaubard a signé une victoire sans appel en remportant toutes les huit manches et s’adjuge sa sixième SNIM.Photo @ Pierrick Jeannoutot
Pas de surprises chez les Surprise !

Loïc Foch-Fournier, patron de Team Winds, société qui loue des Grand Surprise au départ du Frioul, a de quoi se réjouir : non seulement il a réuni une belle flotte de seize bateaux engagés sur la SNIM, mais son Vieux farceur a fait montre d’une belle régularité et s’adjuge une nouvelle la victoire – ce, malgré les sept victoires de manches des d’Ortoli père et fils, à bord de Numéricompta.

Si les Surprise, qui disputaient là leur championnat de Méditerranée, n’ont navigué que deux journées, ils ont tout de même pu disputer sept belles manches, au terme desquelles c’est Goaly, de Nicolas Beauregard, qui s’est imposé.