Actualité à la Hune

Voiles de Saint-Barth Richard Mille

Nouveauté et solidarité au programme

La 9e édition des Voiles de Saint-Barth s’ouvrira dès demain, à Gustavia. Pendant près d’une semaine une cinquantaine d’équipages vont en découdre sur le plan d’eau antillais. Une participation, certes, en deçà de celle de ces dernières années (61 bateaux en 2016 ; 60 en 2017 ; 53 en 2018), mais remarquable toutefois compte tenu du contexte. Moins de six mois après le passage du cyclone Irma qui a dévasté l’île, les organisateurs ont, en effet, réussi le pari, non seulement de maintenir l’événement, mais également de proposer une foule de nouveautés. Petit tour d’horizon en cinq points clés.
  • Publié le : 08/04/2018 - 15:00

Voiles Saint Barth 2017 Image classique des Voiles de Saint-Barth avec une flotte hétérogène mais de haut niveau et qui fait du rase-cailloux autour du joyau des Antilles françaises.Photo @ Christophe Jouany/Voiles de Saint-Barth

  1. Un cinquième jour de course

Un jour de course supplémentaire : voilà indiscutablement l’une des grandes nouveautés de cette 9e édition des Voiles de Saint-Barth. « C’est quelque chose que nous avions en tête depuis un moment déjà. Nous avons échangé à ce sujet avec les coureurs et leurs retours ont, d’emblée, été très positifs. De ce fait, nous avons décidé de moduler le programme de la course. Ainsi, les équipages courront le lundi, le mardi et le mercredi avant de profiter de la traditionnelle journée off le jeudi puis d’enchaîner sur deux nouvelles journées de course, le vendredi et le samedi », détaille François Tolède qui espère ainsi valider jusqu’à six courses et pimenter encore davantage le jeu. « Clairement, le fait de bénéficier d’une journée supplémentaire va apporter à la fois plus d’équité et de compétitivité, et nous savons que c’est précisément ce que viennent chercher les gens qui participent aux Voiles de Saint-Barth, en plus du style de vie propre à l’île », ajoute l’organisateur.

Boost n SailsAux Voiles de Saint-Barth, la mixité des tailles est de mise des plus beaux Maxi aux Melges 24 à l'image Boost'n Sail, troisième de cette classe l"année dernière.Photo @ Michael Gramm/Voiles de Saint-

  1. Un partenaire qui s’implique plus intensément

Engagée aux côtés des organisateurs des Voiles de Saint-Barth puis leur création en 2010 en tant que partenaire principal, la marque Richard Mille franchit un nouveau cap en devenant partenaire titre de l’événement pour les cinq éditions à venir. « Le fait que Richard Mille renforce son partenariat est une très grande nouvelle, mais c’est aussi et surtout une belle marque de confiance et de reconnaissance du travail accompli depuis dix ans », déclare François Tolède, le Directeur de l’organisation des Voiles de Saint-Barth, très heureux que la marque horlogère qui a toujours cru à son projet soit aujourd’hui partie prenante de l’événement en l’accompagnant plus intensément. « Dorénavant, le nom de l’événement devient Les Voiles de Saint-Barth Richard Mille. Autres points importants : la Richard Mille Cup récompensant le vainqueur du classement général des Maxi voit le jour tandis que le Richard Mille Trophy est instauré », relate le Saint-Barth. Le principe est simple : il s’agit de récompenser le bateau ayant réalisé le meilleur temps sur un parcours de 47 milles entre les îles de Saint-Barth et Tintamarre. « Ce record est ouvert aux classes les plus rapides, en l’occurrence les Maxi, les Spinnaker 0 et les Multicoques », annonce Luc Poupon qui, pour mémoire, avait testé le concept lors de l’édition 2015 de la course. « À l’époque, le MOD70 Phaedo3 de Lloyd Thornburg avait bouclé le parcours en un temps canon (1 heure et 53 minutes) et les retours des coureurs concernant l’exercice avaient été très positifs », rappelle le Directeur de course des Voiles.

PhaedoUne grosse cinquantaine de bateaux engagée dans les Voiles de Saint-Barth 2018 à l'image du Gun Boat Phaedo. Une participation notable après les méfaits d'Irma.Photo @ Christophe Jouany/Voiles de Saint-Barth

  1.  Accueil de la classe OMA

L’une des autres nouveautés annoncées pour cette édition 2018 des Voiles de Saint-Barth est l’arrivée de l’OMA (Offshore Multihull Association), une classe créée en février 2017, rassemblant les propriétaires des multicoques dont la longueur de coque est supérieure à 45 pieds. « Cette classe a été lancée afin d’encadrer au mieux les courses en multicoques, mais aussi d’assurer la sécurité des bateaux et de leurs équipages, tout en participant à leur promotion », explique Charles Goodrich, membre de l’OMA, soulignant notamment la nouvelle mise en place d’une jauge MultiRule afin d’établir des ratings équitables pour des bateaux aux performances pour le moins variées. « Le rating pour les multicoques est un vaste sujet. Jusqu’alors, les Voiles de Saint-Barth étant adhérentes au CSA, nous avions intégré une classe CSA Multihull. Nous sommes très heureux aujourd'hui d’inclure la MultiRule au sein de l’événement », assure un Luc Poupon ravi de recevoir cette année une douzaine d’unités à deux ou trois pattes.

ïle Saint BarthL'île de Saint-Barthélemy se reconstruit petit à petit après le passage du cyclone survenu le 6 septembre dernier. Photo @ Christophe Jouany/Voiles de Saint-Barth

  1. Une édition solidaire

Dans la foulée du passage dévastateur du cyclone Irma en septembre dernier, il est apparu naturellement aux organisateurs que cette nouvelle édition des Voiles de Saint-Barth ne serait pas comme les autres. Et pour cause. « Après le cyclone, nous nous sommes tous retrouvés dans un réel état de choc. Toutefois, nous avons eu à cœur de montrer que nous étions capables de nous relever rapidement. Que nous étions en mesure d’organiser les Voiles. Le mouvement de solidarité sur l’île a été complètement incroyable et aujourd’hui, l’événement est sur les rails. Il demeure qu’à Saint-Barth, il reste énormément de gens sans toit et que sur le plan écologique, les conséquences sont terribles. C’est pour ces raisons que nous avons décidées que cette 9e édition serait placée sous le signe de la solidarité. En ce sens, les recettes des ventes des affiches de la course seront remises à l’association « Coral Restoration St-Barth » tandis que celles des ventes des vêtements Code Zéro aux couleurs des Voiles seront, en partie, reversées à l’association « Help Saint-Barth », détaille François Tolède.

ProteusLe maxi 72 Proteus - au premier plan - fait partie des habitués des Voiles de Saint-Barth. L'année dernière ce bateau américain propiété de George Sakellaris, termina vainqueur en Maxi 1. Il remet son titre en jeu cette année.Photo @ Christophe Jouany/Voiles de Saint-Barth

  1. Un plateau post Irma encourageant

Dans ce contexte post Irma si particulier, on pouvait redouter l’impact sur le nombre de participations aux Voiles de Saint-Barth. Certes, il est palpable, mais finalement pas si important, ainsi que l’explique Luc Poupon : « Nous sommes relativement étonnés de recevoir tout de même 53 bateaux cette année. Nous nous attendions vraiment à en avoir beaucoup moins car, comme l’a dit François, le traumatisme, dans les Antilles, a été très violent. Les politiques, Bruno Magras, Président du conseil territorial de Saint-Barthélemy, et Michel Magras, Sénateur de l’île, nous ont largement encouragés. Par respect pour la population locale, pour la collectivité et pour les partenaires qui se sont montrés extrêmement solidaires, nous avons choisi de maintenir la course. Aujourd’hui, nous avons la preuve que nous avons eue raison de le faire car les marins ont répondu présents. Nous leur avions précisé que cette 9e édition serait différente des autres mais à la veille de l’événement, nous nous apercevons qu’elle ne le sera pas tant que ça. La flotte est plus ou moins homogène avec, encore une fois, une très belle flotte de Maxi. Le spectacle promet donc d’être beau et c’est d’autant plus vrai que les conditions météo (entre 15 et 20 nœuds) pour la semaine sont prometteuses. Cela nous réjouit particulièrement, surtout après deux années de vent plus faible », conclut François Tolède.