Actualité à la Hune

Grande Croisière

Faire du rêve une réalité

Le 9e séminaire de Grande Croisière a eu lieu à Paris le week-end des 7 et 8 avril. L’édition de cette année posait une question : «La Grande Croisière : est-elle faite pour nous ?» Sous l’égide de Jimmy Cornell, les intervenants ont répondu d’une part en abordant des solutions pratiques et d’autre part en offrant des retours d’expérience sur leurs navigations.
  • Publié le : 11/04/2018 - 15:30

Promo 2018Les participants réunis le week-end dernier à Paris pour parler de grande croisière. Photo @ H. Bigo
«On n’est pas là pour vous vendre des bateaux !» assure en préambule Stéphan Constance, président du groupe Grand Large (Allures, Garcia et Outremer) et organisateur du séminaire. «Les participants sont à des stades très variés de leurs projets de départ, mais tous ont besoin de confronter leurs idées à celles des autres, à des expériences réelles et à des expertises de professionnelles. C’est la 9e fois que l’on organise ce séminaire Grande Croisière et on constate une demande croissante pour ces rencontres. Il y a une vraie utilité. On a toujours perdu de l’argent, mais je crois à la boucle du don. Il faut savoir donner et un jour on en bénéficiera, parce que l’on sera vu, par exemple, comme faisant partie des référents du domaine de la Grande Croisière.»

SécuritéLa sécurité en mer est la première préoccupation des participants du séminaire.Photo @ H. Bigo
Dans cet élégant décor parisien tout de cuir et de bois vernis – la salle L’Atelier, dans le XVIe arrondissement –, les 77 participants sont généralement propriétaires de jolies unités, mais sont loin d’être tous clients du groupe. Ils viennent de Belgique, de Suisse, d’Italie ou de France. Tous partagent les mêmes questionnements : comment larguer les amarres et vivre sur la mer dans les meilleures conditions de sécurité d’abord, et de confort bien sûr.

«Partir, c’est une très grande décision» prévient Jimmy Cornell, l’homme aux 200 000 milles, mentor de cette rencontre. Il poursuit : «C’est un projet très complexe. Dans mes rallyes, j’ai pu observer que 10 à 20 % des gens se trompent en partant en grande croisière. Le but de ce séminaire est de présenter les choses avec le plus grand réalisme possible. Beaucoup croient que c’est la partie financière ou le choix du bateau qui sont les éléments les plus importants. Avec une attention particulière à l’implication des femmes dans le projet, car finalement c’est d’elles que dépend souvent la décision. Plus de 80 % des plaisanciers voyagent en couple.»

Jimmy CornellJimmy Cornell présente son nouvel «Atlas des Océans» à l’occasion du séminaire. Celui-ci intègre une statistique des vents sur les principales routes de grandes croisières. Cet ancien journaliste a repris à son compte la devise de la BBC : informer, éduquer, divertir.Photo @ H. Bigo
Le séminaire était organisé autour de deux axes. Le retour d’expérience de marins ayant effectué des grandes croisières, d’une part, et une information sur les connaissances nécessaires pour le voyage, d’autre part. Météo, médecine, moteur, assurances, communications… Voiles et Voiliers avait même envoyé sa journaliste vidéo, Laurène Coroller, pour une courte formation pour apprendre les bases de la vidéo.

Il s’agissait avant tout de faire prendre conscience aux candidats au départ des multiples apprentissages et arbitrages auxquels ils vont devoir faire face.

Jimmy Cornell a ainsi listé les différents éléments clés pour réussir sa navigation : le choix du bateau, l’aspect financier, la navigation en couple, et surtout la bonne attitude ! Il a également livré son analyse à propos des principales routes de grande croisière. Une seconde édition de L’Atlas des Océans, un recueil de pilots charts avec de nouvelles statistiques de vents, doit sortir cette année.

SéminaireDe nombreuses femmes étaient présentes lors du séminaire. Tous les participants insistent sur la formation du conjoint équipier. 80 % des bateaux de voyages sont menés par des couples.Photo @ H. Bigo
L’importance de l’autonomie à bord a été abordée par l’équipe d’Escale Technique Formation (EFT) dont les contenus sont détaillés sur le site de l’association Sail The World (stw.fr), partenaire du séminaire. Le météorologue Michel Meulnet a attiré l’attention sur les fichiers Grib qui doivent être analysés en connaissance de cause. Il est entré dans le détail des différents maillages et leurs utilités suivant les situations. Il a invité les participants à se former à la lecture d’une carte synoptique, complément indispensable à une bonne prévision météo.

L’autonomie à bord, c’est aussi une pharmacie et un minimum de connaissances médicales. La docteur Magali Jeanteur a insisté sur l’importance de se former aux gestes qui sauvent. «Quand le risque vital est engagé, la première heure est fondamentale.» Manœuvre d’Heimlich, massage cardiaque, points de compression… Tous ces gestes doivent être vus ou revus avant de partir.

Laurent MarionLaurent Marion, responsable pédagogique de Escale Formation Technique : «Même si le métier vient en naviguant, le conseil d’un professionnel bien compris avant de partir peut tout changer une fois sur l’eau».Photo @ H.Bigo
Autres thèmes abordés : la sécurité au large, les assurances et les différents moyens de communication à bord. Le choix de ces derniers est un casse-tête tant l’offre est aujourd’hui variée. Quel type d’EPIRB ? Comment bien utiliser une MOB, une PLB ? Quel Iridium ? Une BLU ? Tous ces joujoux électroniques doivent être choisis avec soins. «Sauf pour la voile, notre plan de formation n’est pas loin d’un Capitaine 200 voile» assure Laurent Marion, le responsable pédagogique d’EFT.

Mais le séminaire a aussi réservé une place aux récits de voyage et à leur part de rêve, pendant de précieux retours d’expérience. Jimmy Cornell a évoqué sa navigation dans le passage du Nord-Ouest. Dario Schwoerer est venu avec sa fille de 13 ans raconter leur projet Top to Top : la famille parcourt le monde depuis 15 ans, guidée par une double passion : la mer et la montagne.

Dario SchwoererDario Schwoerer avec sa femme et ses 6 enfants, ils parcourent les mers pour aller escalader les plus hauts sommets de chaque continent. Leur bateau est actuellement en réparation après de gros dommages en Islande. Son credo en bateau : Less is more (le moins c’est le mieux).Photo @ H. Bigo
Autres témoignages : le skipper du voilier Loïck (http://loick.blogs.voilesetvoiliers.com), qui a détaillé la descente entre le Rio de la Plata et Ushuaia, et l’équipage de Ganite a partagé son tour de l’Atlantique par le Brésil et le Canada, et enfin celui d’un couple belge parti pour une année sabbatique, qui après avoir acheté une Outremer 45, a revendu son bateau à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, après être passé par les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Micronésie.

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